Les parents peuvent aider, mais les enfants adoptent une approche DIY pour apprendre les langues

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Les parents peuvent aider leurs enfants à développer leur langage. Mais lorsqu’il s’agit de construire la structure linguistique qui sous-tend la langue, nouvelle recherche montre que les enfants préfèrent le faire eux-mêmes.

L’un des débats les plus anciens dans les sciences cognitives porte peut-être sur la question de savoir si les enfants possèdent une faculté innée de langage. Cette faculté permet aux enfants d’apprendre la langue de leur communauté.

La preuve de son existence vient de la richesse du système dont disposent les utilisateurs d’une langue par rapport à l’ensemble fini de phrases auquel tout apprenant est exposé.

Mais, dans de nombreux cas, il est difficile de dire comment cette faculté fonctionne parce que l’environnement linguistique des enfants contient de nombreux indices sur la structure linguistique. Et bien sûr, les enfants apprennent précisément la langue de leur communauté. Personne exposé uniquement à l’anglais n’a jamais appris le japonais.

Dans les cas rares et malheureux où les enfants ne sont pas exposés à une langue – comme par exemple les enfants sourds qui ne sont pas exposés à une langue des signes – les preuves suggèrent que les enfants quand même développer un système de communication avec quelques caractéristiques structurelles clés des langues naturelles. Ce genre de situations suggère que les enfants possèdent une faculté innée de langage et que le langage peut émerger même en l’absence d’expérience.

Les enfants inventent leur propre structure linguistique

De nouvelles recherches menées auprès d’apprenants de coréen âgés de quatre ans montrent que, même lorsque les enfants sont complètement immergés dans une langue, ils acquièrent des caractéristiques linguistiques qui manquent dans leur environnement.

Essentiellement, ce travail suggère que tous les enfants sont, dans un certain sens, isolés des structures qui sous-tendent le langage de leur environnement. Et, comme les sourds-isolés, tous les enfants (ré)inventent la structure de leur langage.

L’étude s’est concentrée sur la manière dont les parents et les enfants coréens interprétaient une série de phrases négatives. L’étude a tout d’abord révélé une grande variabilité parmi les adultes et les enfants dans la manière dont ils interprètent ces phrases. Même si les interprétations des participants étaient cohérentes au fil des séances, elles différaient souvent les unes des autres.

Deuxièmement, l’étude a montré que l’interprétation d’un enfant donné n’était pas prédite par l’interprétation de son parent.

Le fait que la variabilité ait été maintenue chez les enfants, mais n’a pas été transmise d’un parent à l’autre, suggère que les locuteurs du coréen n’apprennent pas cette caractéristique de la langue de leurs parents.

Il s’agissait d’une étude à petite échelle examinant une partie obscure de la langue coréenne. Nous nous sommes concentrés sur cette caractéristique en raison de sa variabilité imprévisible parmi les adultes.

La plupart des points de variation au sein d’une langue peuvent être prédits par des caractéristiques géographiques ou d’autres caractéristiques sociales. Pensez tom-ay-to contre tom-ah-to, soda contre pop, ou si vous faites la queue ou en ligne.

Les enfants ont une capacité innée de création de langage.
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Le fait que cette variabilité soit imprévisible chez les adultes en fait un cas test parfait pour se demander si les enfants apprennent de leurs parents. Et le fait que la variabilité soit indépendante chez les enfants et chez les parents suggère que les parents ne fournissent pas toutes les informations sur leur langue aux enfants. Au lieu de cela, les enfants sont capables de combler les lacunes, en utilisant leur faculté innée de langage.

Au cours du développement normal, les enfants typiques entendent des preuves de la structure de leur langage. Cette preuve vient du discours de tous ceux qui les entourent – ​​parents, enseignants, adultes et autres enfants.

Lorsque les enfants font parfois des erreurs, ils les surmontent généralement avant d’atteindre l’âge scolaire. Les erreurs qui subsistent finissent par disparaître simplement parce qu’elles ne correspondent pas à la langue de la communauté.

Ce que montre cette nouvelle recherche, c’est que l’apprentissage des langues n’est pas un processus passif dans lequel les enfants absorbent et copient simplement toutes les caractéristiques de leur environnement.

Au lieu de cela, les enfants construisent activement leur langage en combinant leur expérience et leur capacité innée de création de langage.

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