Le personnel manquait de formation, selon un rapport

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Un travailleur étranger temporaire n’avait aucun équipement de protection individuelle et n’avait aucune formation, expérience ou qualification pour travailler dans la construction lorsqu’il a été tué par l’effondrement d’un mur sur un chantier de construction à Montréal en 2023, selon un rapport de la Commission de la sécurité au travail.

Le travailleur a été mortellement écrasé lorsqu’une partie du rez-de-chaussée s’est effondrée sur lui et deux autres travailleurs, alors qu’un mur porteur était en cours de démolition dans un immeuble commercial/résidentiel de trois étages.

Le bâtiment, à l’intersection du boulevard Rolland et de la rue Pascal à Montréal-Nord, était en rénovation au moment de l’accident du 23 septembre 2023.

Les deux autres travailleurs, également immigrants, ont été blessés au haut et au bas du corps mais ont survécu.

Accident du travail à la CNESST Vue de la façade nord-ouest de l’immeuble du boulevard Rolland à Montréal-Nord. (Source : CNESST/Google)

La Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), a enquêté sur l’incident et a constaté plusieurs lacunes dans la planification des travaux de rénovation.

« Aucun des ouvriers n’avait les qualifications nécessaires pour effectuer des travaux sur un chantier de construction. Ils n’avaient pas non plus de formation générale en matière de santé et de sécurité sur les chantiers, alors même que cette formation est obligatoire pour toute personne travaillant sur un chantier de construction », selon le rapport publié jeudi.

Le comité ajoute : « La planification des travaux de démolition des murs du sous-sol était déficiente et exposait les ouvriers à un risque d’écrasement par l’effondrement de la dalle de béton du rez-de-chaussée située au-dessus de la zone de travail. »

Accident du travail à la CNESST Modélisation des murs du sous-sol du bâtiment en cours de démolition et d’élimination des déchets. (Source : CNESST)

Selon le rapport, le bâtiment a été endommagé lors d’un incendie en mai 2022. Le propriétaire, Chola Empire, a attribué un contrat à STS Construction & Renovation pour reconstruire les deuxième et troisième étages.

Durant le projet, le propriétaire a également mandaté une personne identifiée uniquement comme « Monsieur A » qui « offre divers services, notamment de récupération de métaux et de nettoyage aux clients, en échange d’une rémunération », pour retirer les conduits du plafond du sous-sol et nettoyer les débris. L’individu anonyme a embauché cinq ouvriers pour effectuer les travaux en son nom.

Cependant, ils manquaient tous de compétences spécifiques en construction ou de formation dans le domaine lorsqu’ils se sont présentés à leur première journée de travail, le 23 septembre 2023, selon la CNESST.

Le propriétaire de l’immeuble n’était pas joignable vendredi pour commenter.

Deux des trois travailleurs blessés, dont celui qui a été tué, ne parlaient ni anglais ni français, selon le rapport. Aucun des cinq travailleurs recrutés n’a reçu de gants, de lunettes ou de casques de sécurité pour effectuer leur travail, et la plupart d’entre eux ne portaient pas de bottes de sécurité. Aucun d’entre eux n’a suivi le cours général de santé et de sécurité sur les chantiers de construction, comme l’exige la loi, et ils n’avaient aucune formation ni expérience préalable dans les travaux de démolition.

« La survenance de l’accident démontre que ni le chargé de projet, ni M. A, ni les ouvriers ne soupçonnaient que les murs qu’ils démolissaient au sous-sol étaient des murs porteurs soutenant le rez-de-chaussée. Ils ne connaissaient pas ce type de construction. Aucun des ouvriers n’avait les qualifications nécessaires pour effectuer des travaux sur un chantier de construction », a indiqué la CNESST.

« Le manque d’organisation du travail et de planification de méthodes sécuritaires, ainsi que le manque d’information, de formation et de supervision adéquates des travailleurs présents sur le chantier au moment de l’accident, ont exposé les travailleurs à des risques lors de la démolition de la structure du bâtiment. »

Afin d’éviter que des accidents similaires ne se reproduisent, la CNESST a indiqué qu’elle partagerait les conclusions de son rapport avec divers organismes de l’industrie, dont l’Association de la construction du Québec, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, l’Association patronale des entreprises en construction du Québec et l’Association des entrepreneurs en construction du Québec.

Les consulats du Mexique, du Guatemala et du Honduras seraient également informés.

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